Un soir, tu m'as prise, tu m'as possédée ou plutôt tu as cru me posséder. Car tu as eu mon corps mais pas mon âme. Ta femme était
enceinte et refusait tes avances alors tu as satisfait ton besoin de mâle en te servant de mon corps. Et c'est toi le premier qui a compris que j'étais lesbienne, bien avant moi sans doute car je
ne voulais rien voir. Tu as satisfait ta frustration de ne pas pouvoir baiser ta femme et assouvi ton fantasme de te payer une goudou. J'ai gardé en moi trop longtemps ce secret qui m'a consumée à petit feu. J'ai détesté ce corps que tu avais sali et qui m'avait trahi. C'est vrai je n'ai pas eu la force de réagir, j'étais pétrifiée et tu t'es senti tout puissant. Mon corps était devenu telle une poupée de chiffon et mon cerveau était déconnecté. Alors tu en as profité, tu m’as violentée, tu m’as violée.
Longtemps la honte a guidé mes pas, j'avais peur de séduire et de me mettre en danger. Alors je me suis enterrée dans ma souffrance. Longtemps j'ai cru que j'étais morte ce jour là, et que rien ne pouvait me ramener à la vie. Longtemps j'ai cru que ta violence était inscrite en lettre indélébile sur mon corps. Longtemps je me suis interdite de vivre, d’être, d'aimer et même de pleurer.
Mais maintenant, j'ai la force de parler et je tiens à te dire haut et fort que tu n'as pas gagné. Je ne veux plus me laisser envahir par toi. Et ce corps que j'ai délaissé trop longtemps, je veux le reconquérir, avec lui, je veux me réconcilier. A mon corps, je veux lui offrir la tendresse pour que toutes les blessures cicatrisent enfin.
Tu as eu la goudou mais la lesbienne que je suis, est fière de ce qu'elle est. Aujourd’hui l’amour me sourit et l’avenir se construit dans la confiance, fini la méfiance. La vie me remplit de bonheur et fini le temps de la mélancolie à me lamenter sur mes plaies. Tu appartiens à un passé que je laisse bien loin derrière moi pour enfin avancer vers demain légère et sereine.

Je tiens à dire à toutes celles qui ont été violentée, ne baissez jamais la tête. Soyez fière de vous et surtout ne vous laissez pas envahir par la culpabilité. Doit-on culpabiliser d'être une femme ? Dois-je culpabiliser d’être lesbienne ?
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Sensuality





Photo de Kirikou

Ce matin, en me réveillant je ne sais pourquoi, j’ai été projetée 4 ans en arrière, feed-back dans ma vie pour l’apprécier
d’autant plus aujourd’hui. J'ai envie de partager avec vous cette tranche de vie, non pas pour vous faire pleurer, bien au contraire je vous laisse ce témoignage comme un cri
d'espoir....
J'vous écoute ...