Je pense, je suis ..

  • : sensuality
  • nane528
  • : A travers les mots, je navigue sur la vague de mes sentiments, en toute liberté. Je hisse la voile de la sensualité pour voguer vers ma destinée. Loin devant je regarde, sans pudeur j'ose vivre ma vie et je le dis je l'écris.
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  • : 23/10/2007

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Je suis

  • : nane528
  • nane528
  • : Femme
  • : 27/01/1966
  • : je suis lesbienne et surtout femme et un jour mère ..

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undefinedLors d’un stage sur la langue orale, les participants ont été invités à une rencontre philosophique. À ce moment-là, j’avais une image désastreuse de la philosophie. J’en étais restée à mes cours de philo au lycée qui se cantonnaient à essayer de me faire ingurgiter la pensée des autres. Je devais, comme chacun, disserter sur les idées émises par les grands philosophes sans en comprendre réellement l’intérêt.

Lors de ce café –philo, j’avais bien l’intention de rester passive, car je ne me sentais pas capable d’accéder à un débat philosophique. De plus, je ne voyais pas la nécessité dans ma pratique de classe. Or, je me suis surprise à intervenir lors des échanges... moi la grande bavarde, je n'ai pu résister. Et l’image que je me faisais de la philosophie s’est soudain brisée. J’étais capable d’exprimer ma pensée et de la confronter à celle des autres. Désormais, la célèbre phrase de DESCARTE « Je pense donc je suis… » prenait tout son sens. J’avais envie de partager ma découverte avec mes élèves, mais je ne mesurais pas encore les conséquences dans la classe, ni ne mettais de réels objectifs d’apprentissage derrière ce type d’activité.

J’entends par philosophie, non pas un regard sur son histoire et les pensées de ses grands hommes, mais plutôt ces situations intellectuelles qui consistent à s’émerveiller du monde, à en chercher le sens et en conséquence la place que chacun d’entre nous y trouve. Il n’est pas question non plus que ce petit moment réservé dans l’emploi du temps devienne une estrade supplémentaire à un maître nostalgique des « leçons de choses ». Faire de la philosophie en école élémentaire, c’est plutôt permettre aux élèves un temps d’échanges, sous forme d’une discussion, autour d’un sujet impliquant chacun et avec l’aide méthodologique d’un adulte qui se retiendra d’exprimer les idées qu’il pense que les enfants doivent exprimer. Philosopher en classe, c’est créer ce qu’on appelle une « communauté de recherche », c'est-à-dire un groupe de parole dont la mission est la quête d’une vérité par définition plurielle. C’est se donner les moyens de faire entrer les enfants dans une réelle et obligée coopération. Réelle parce qu’en discussion philosophique, le compte-rendu final des échanges est toujours supérieur à celui que le meilleur d’entre eux aurait pu faire isolément. Les échanges déclenchent les apprentissages. Obligée parce que dans la mesure où on recherche quelque chose d’inatteignable et que cette recherche ne peut se faire qu’avec des mots, la majorité n’a pas toujours raison. Ce peut-être même une minorité qui défende des idées par la suite reconnues collectivement. Ce n’est pas parce que je suis seule que j’ai tord, pas parce qu’on est beaucoup qu’on a raison. En tant qu’individu, si mon corps me demande de m’affirmer, lors des discussions philosophiques, ce ne sera pas par la violence que cela sera possible et si même c’était le cas, à terme, j’en comprendrais les limites de par la non-reprise des idées imposées.

En pratique, faire de la philosophie en école primaire, c’est organiser un débat autour d'un thème qui, parce qu’on connaît nos élèves, leur donnera envie de s’engager : un sujet brûlant (qu'est-ce qu’un raciste ? – La police a-t-elle toujours raison ? – Mon copain est-il mon ami ? – Qu’y a-t-il après la mort ? …

“ Philosopher, ça sert à réfléchir sa vie. Pour y parvenir, on peut se prendre un peu la tête : douter de ce à quoi on croit dur comme fer, et trouver que ça a du sens de questionner ce qui paraît évident. Mot d’ordre : transformer ses affirmations en questions, et examiner ses opinions pour voir si ça tient. Se faire donc à soi-même des objections. Ce qui aide, c’est de se confronter aux autres. Leur dire ce qu’on pense, et trouver constructif de se faire rationnellement critiquer. Et prendre les critiques non comme une agression contre sa personne, mais comme une opportunité pour mieux fonder sa pensée. Du coup, se creuser la cervelle pour trouver des arguments. Et donc, penser ce qu’on dit, sans se contenter de dire ce qu’on pense, qui n’est finalement peut-être pas si vrai. Mais aussi contredire les idées des autres de manière raisonnée. Non pour faire l’intéressant, ou essayer de les vaincre, mais parce que nul ne peut dire du point de vue rationnel n’importe quoi. Devenir exigeant pour autrui, et d’abord pour soi, dans le rapport de ce qu’on dit à la vérité.
Anne
Samedi 16 février 2008
par nane528 communauté : Restons Zen publié dans : Mes pensées
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