Je pense, je suis ..

  • : sensuality
  • nane528
  • : A travers les mots, je navigue sur la vague de mes sentiments, en toute liberté. Je hisse la voile de la sensualité pour voguer vers ma destinée. Loin devant je regarde, sans pudeur j'ose vivre ma vie et je le dis je l'écris.
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  • : 23/10/2007

Traduction

 

Je suis

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  • nane528
  • : Femme
  • : 27/01/1966
  • : je suis lesbienne et surtout femme et un jour mère ..

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Il n’est pas possible de déterminer exactement dans l’histoire, le moment où l’on décrit la première relation homosexuelle entre femmes. Mais on connait en  1750 avant Jésus Christ, l’existence en Asie du Sud-est,  de sociétés matriarcales, les Amazones, qui étaient des communautés de femmes.

 




Le premier texte poétique décrivant une relation féminine date selon les historiens de 2300 ans avant Jésus Christ. Il a été écrit par une femme appelée Enheduanna, fille du roi Sargon d’Akkad  qui en fait la grande prêtresse de Nanna, divinité majeure du panthéon mésopotamien. Dans ce chant écrit en l’honneur d’Inanna, la princesse Enheduanna décrit la beauté et la sensualité de la déesse de l’amour et de la guerre et elle se positionne comme son épouse.

 

 

Mais la première grande poétesse ayant décrit des relations intimes entre femmes fut sans nul doute, Sappho, 600 ans avant Jésus Christ. Elle était cheffe de file d’une communauté de femmes «Thiasos», dans laquelle des femmes étudient la danse, la musique, les arts. Elle immortalisa la passion amoureuse entre femmes dans ses poèmes. On ne connaît que peu d'éléments sûrs concernant Sappho : en effet, son amour pour les femmes est clairement lisible dans certains de ses poèmes, ce qui en a empêché la préservation par les scribes chrétiens médiévaux.

 

l'Ode à l'Aimée de Sappho

traduite par Théodore Reinach avec la collaboration d'Aimé Puech

 

"Celui-là me paraît être l'égal des dieux, l'homme qui, assis en face de toi, de tout près, écoute ta voix si douce
Et ce rire enchanteur, qui je le jure, a fait fondre mon cœur dans ma poitrine ; car, dès que je t'aperçois un instant, il ne m'est plus possible d'articuler une parole ;
Mais ma langue se brise, et, sous ma peau, soudain se glisse un feu subtil ; mes yeux sont sans regard, mes oreilles bourdonnent,
La sueur ruisselle de mon corps, un frisson me saisit toute ; je deviens plus verte que l'herbe, et peu s'en faut, je me sens mourir (ô Agallis ?)
Mais on doit tout oser, puisque..."

 

 

Mais continuons notre voyage dans le temps, à la recherche des traces du lesbianisme. En 200 avant Jésus Christ dans une tribu des Moches au Pérou, on trouve des céramiques décrivant  des relations homoérotiques féminins.

 

En 914 après Jésus Christ, on trouve dans un texte de théologie, la première trace écrite du mot lesbienne qui faisait référence à des relations entre femmes.

 

Sous la Grèce antique et sous l’empire Romain, le lesbianisme était accepté comme une normalité. A Rome on trouve des bains publics pour les femmes désirant maintenir des contacts sexuels avec d’autres femmes malgré leur mariage.

 

Mais avec l’expansion du christianisme, les choses vont se gâter pour les femmes qui osent afficher leur attirance pour d’autres femmes. Saint Thomas, au moyen âge, décrit les relations entre femmes comme une luxure et le lesbianisme est condamné par l’église. Certaines lesbiennes seront condamnées à mort par l’église pour hérésie et sorcellerie. Les peines encourues étaient excision du clitoris, des seins puis le bûcher pour les irréductibles.

 

 

Dans le concile de Paris en 1212 et le concile de Rouen en 1214, on interdit aux religieuses de dormir en assemblée et on les oblige à maintenir une lumière allumée afin de mieux surveiller leur addiction pour les femmes. Pourtant au XVIème, XVIIème et XVIIème de nombreux romans et poèmes décrivent les relations sexuelles entre les religieuses comme par exemple celle de Sœur Bernadette Carlini. C’est à la fin du XVIème siècle que l’écrivain français Pierre de Bourdeille admettait dans ses écrits que les relations sexuelles entre femmes étaient devenues une mode, mode lancée par une reine de France qui venait d’Italie Catherine de Médicis. Cette reine aurait été à l’origine d’une communauté de femmes « un bataillon volant », ces dernières préféraient faire l’amour entre elles afin de ne pas tomber enceinte et de préserver leur honneur. Cet écrivain français, Pierre de Bourdeille, réutilise le terme de lesbienne en référence à Sappho et à l’île de Lesbos où elle vécut.

 



A la fin du XIXème siècle une nouvelle discipline dans la psychologie apparut la sexologie afin d’étudier les relations sexuelles. Le lesbianisme est alors classé comme pathologique : perversion sexuelle. C’est à cette époque que l’on commence à voir les stéréotypes décrivant la lesbienne comme une femme masculine. La lesbienne devenait une malade mentale. C’est s’appuyant sur ces thèses, qu’Hitler pendant la seconde guerre mondiale envoya les lesbiennes au même titre que les prostituées dans les camps de concentration affublées d’un triangle noir de la honte. A cette époque de nombreuses lesbiennes, ont été hospitalisées en psychiatrie où on leur faisait subir des électrochocs pour les guérir de leur perversion sexuelle. L’influence des psychologues ont véhiculées dans la population des croyances absurdes concernant les lesbiennes comme la séparation dans deux rôles celui de la femme masculine jouant le rôle de l’homme et du mari dans le couple et celui de la femme féminine soumise à sa compagne. Dans les années 1920, des campagnes se sont développées pour prévenir des maladies mentales liées au lesbianisme. Beaucoup de femmes se sont suicidées pour ne pas être assimilées à un malade mental. 
C’est Magnus Hischfeld qui, dès 1931, tente de démontrer que l’homosexualité est constitutionnellement déterminée, innée et non modifiable. L’homosexualité a été retirée du manuel diagnostique et statistique des maladies mentales, en 1985 et a été déclassifiée lors du congrès de 1992, pour tous les états signataires de la Charte de L’OMS.

 

 

Malgré tout le XXème siècle voit apparaitre des grands noms du lesbianisme dans l’art, la peinture et bien d’autre domaine comme Florence Nigtthingale, créatrice d’une école pour les infirmières à Londres, Francisca Marie Souvestre, directrice d’un internat de filles pareil à celui de Sappho, Romaine Brooks, femme peintre et de lettres ; les auteures comme  Renée Vivien, Colette, Virginia Woolf, Nathalie Barney, Marguerite Youcenar et j’en oublie beaucoup ; les artistes comme Greta Garbo, Marlène Dietrich, Isadora Ducan …..  Et n’oublions pas toutes ces lesbiennes comme Elula Perrin qui furent à l’origine des grands mouvements féministes qui luttèrent corps et diable pour l’égalité et les libertés des femmes dans notre pays. Une pensée également pour Audre Lorde  une auteure américaine engagée contre le racisme, le sexisme et l'homophobie qui mourut d’un cancer du sein en 1992.

 

De nos jours, la société a évolué quand à l’acceptation du lesbianisme mais la lesbophobie est encore trop puissante dans le monde du travail comme dans les sphères religieuses qui continuent à dire que le lesbianisme est une perversion sexuelle. Il est important que les lesbiennes connaissent leur culture et leur histoire pour continuer le combat de leurs pairs afin qu’un jour la différence soit enfin une richesse et que plus une seule lesbienne, au travers le monde, ne soit montrer du doigt ou pire exécuter à mort.

Anne

Mardi 15 avril 2008
par nane528 communauté : Homo sensualité .. publié dans : Les lesbiennes ou bisexuelles célébres
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tableaux de Marie Lydie Joffre


  
 


Oui j'ai partagé
le lit de tant de jeunes femmes

O tendresse indicible
de la chaleur des corps consentants
si proches et si discrets
bavardages légers qui cachaient à peine l'émotion
qui n'osait pas se dire
encore
bien-être
chuchoté
plongées dans le sommeil
prélude d'un plaisir
non encore avoué,
consentement muet ravissement des sens
bienheureuse durée de nos corps rapprochés,
confiance rieuse au creux des oreillers
et tranquille jouissance émerveillée de soi
d'être éclose épanouie dans l'ombre et la douceur des draps
parfaite conjonction qui des pieds à la tête
et jusqu'au bout des doigts nous envahit d'émoi


Je salue aujourd'hui ce bonheur sans mélange
dont le divin parfum ne m'a jamais quittée
aucun homme jamais ne saura quelle essence
la femme porte en soi, dans sa félicité

Geneviève Pastre


Mardi 15 avril 2008
par nane528 communauté : Homo sensualité .. publié dans : Lectures érotico-sensuelles
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