Sensuality
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Le premier texte poétique décrivant une relation féminine date selon les historiens de 2300 ans avant Jésus Christ. Il a été écrit par une femme appelée Enheduanna, fille du roi Sargon d’Akkad qui en fait la grande prêtresse de Nanna, divinité majeure du panthéon
mésopotamien. Dans ce chant écrit en l’honneur d’Inanna, la princesse Enheduanna décrit la beauté et la sensualité de la déesse de l’amour et de la guerre et elle se positionne comme son
épouse.
l'Ode à l'Aimée de Sappho
traduite par Théodore Reinach avec la collaboration d'Aimé Puech
"Celui-là me paraît être l'égal des dieux, l'homme qui, assis en face de toi, de tout près,
écoute ta voix si douce
Et ce rire enchanteur, qui je le jure, a fait fondre mon cœur dans ma poitrine ; car, dès que je t'aperçois un instant, il ne m'est plus possible d'articuler une parole ;
Mais ma langue se brise, et, sous ma peau, soudain se glisse un feu subtil ; mes yeux sont sans regard, mes oreilles bourdonnent,
La sueur ruisselle de mon corps, un frisson me saisit toute ; je deviens plus verte que l'herbe, et peu s'en faut, je me sens mourir (ô Agallis ?)
Mais on doit tout oser, puisque..."
Mais continuons notre voyage dans le temps, à la recherche des traces du lesbianisme. En 200 avant Jésus Christ dans une tribu des Moches au Pérou, on trouve des céramiques décrivant des relations homoérotiques féminins.
En 914 après Jésus Christ, on trouve dans un texte de théologie, la première trace écrite du mot lesbienne qui faisait référence à des relations entre femmes.
Sous la Grèce antique et sous l’empire Romain, le lesbianisme était accepté comme une normalité. A Rome on trouve des bains publics pour les femmes désirant maintenir des contacts sexuels avec d’autres femmes malgré leur mariage.
Mais avec l’expansion du christianisme, les choses vont se gâter pour les femmes qui osent afficher leur attirance pour d’autres femmes. Saint Thomas, au moyen âge, décrit les relations entre femmes comme une luxure et le lesbianisme est condamné par l’église. Certaines lesbiennes seront condamnées à mort par l’église pour hérésie et sorcellerie. Les peines encourues étaient excision du clitoris, des seins puis le bûcher pour les irréductibles.
A la fin du XIXème siècle une nouvelle discipline dans la psychologie apparut la sexologie afin d’étudier les relations sexuelles. Le lesbianisme est alors classé comme pathologique :
perversion sexuelle. C’est à cette époque que l’on commence à voir les stéréotypes décrivant la lesbienne comme une femme masculine. La lesbienne devenait une malade mentale. C’est s’appuyant sur
ces thèses, qu’Hitler pendant la seconde guerre mondiale envoya les lesbiennes au même titre que les prostituées dans les camps de concentration affublées d’un triangle noir de la honte. A cette
époque de nombreuses lesbiennes, ont été hospitalisées en psychiatrie où on leur faisait subir des électrochocs pour les guérir de leur perversion sexuelle. L’influence des psychologues ont
véhiculées dans la population des croyances absurdes concernant les lesbiennes comme la séparation dans deux rôles celui de la femme masculine jouant le rôle de l’homme et du mari dans le couple
et celui de la femme féminine soumise à sa compagne. Dans les années 1920, des campagnes se sont développées pour prévenir des maladies mentales liées au lesbianisme. Beaucoup de femmes se sont
suicidées pour ne pas être assimilées à un malade mental. C’est Magnus Hischfeld qui, dès 1931, tente de démontrer que l’homosexualité est
constitutionnellement déterminée, innée et non modifiable. L’homosexualité a été retirée du manuel diagnostique et statistique des maladies mentales, en 1985 et a été déclassifiée lors du congrès
de 1992, pour tous les états signataires de la Charte de L’OMS.
De nos jours, la société a évolué quand à l’acceptation du lesbianisme mais la lesbophobie est encore trop puissante
dans le monde du travail comme dans les sphères religieuses qui continuent à dire que le lesbianisme est une perversion sexuelle. Il est important que les lesbiennes connaissent leur culture et
leur histoire pour continuer le combat de leurs pairs afin qu’un jour la différence soit enfin une richesse et que plus une seule lesbienne, au travers le monde, ne soit montrer du doigt ou pire
exécuter à mort.
Anne
Je commence l'année prochaine un mémoire de Master 2 de Littérature médiévale, qui aura pour thème entre autres l'homosexualité au Moyen Age dans la littérature.
Pourrais-tu me transmettre les sources que tu as sur le sujet ? Ton histoire du lesbianisme est passionnante, et j'aimerais beaucoup la développer dans mon travail, car c'est un sujet encore très méconnu (surtout pour le Moyen Age, pour l'Antiquité et la Renaissance on a pas mal d'infos...)
Merci beaucoup et à bientôt !
Maëlle
alundrael@hotmail.fr
Pour les Grecs, "celui qui aime la beauté humaine sera favorablement et équitablement disposé envers les deux sexes, au lieu de supposer que les hommes et les femmes différent sous le rapport de l'amour comme sous celui du vêtement" (Plutarque).