Sensuality
Porter notre enfant
Neuf mois durant,
Voir ses yeux s'éblouir
Devant mes formes s'arrondir
Le sentir bouger
Au rythme de ses baisers
J’aime l’imaginer un jour dans son atelier face à un modèle nu qu’elle veut croquer. De ses mains, elle fait jaillir tant de belles
choses.
Ses mains qui travaillent et façonnent la matière qui lui donnent vie, c’est sur mon corps qu’elle les balades quand de caresse en caresse elle s’évade. Dans son regard d’artiste brille une douce
folie qui m'enivre, me grise et m'emporte vers des horizons où son imagination n’a pas de frontière. Quand la création l’emmène dans ce pays où elle resplendit, je l’observe et je l’aime en
silence. Sans bruit, je la regarde dessiner la vie, sculpter, peindre, rêver et puis s’envoler. Elle est si belle quand
elle crée.
J’avais besoin de vous parler d’elle pour
combler un peu son absence et ce manque qui m’étouffe.
Je pourrais vous parler d’elle à l’infini. Avec elle je suis en vie et j'ai envie de l'aimer jusqu'à la démesure, jusqu'à l'aube de nos vies. Elle a le cerveau qui tourne à plein régime sans jamais s’arrêter une seule seconde. D’ailleurs, penser à s’arrêter de penser, c’est encore penser, non ? J’ai le cœur qui tourne à plein régime pour elle sans jamais s’arrêter de l’aimer. Dans ses yeux, je vois son besoin de savoir, de tout maîtriser, de créer. Son imagination n’a pas de répit, elle est toujours en mouvement, en effervescence. Je contemple sa soif d’apprendre toujours et toujours. Sur les ailes de la connaissance elle s’envole vers les sommets. J’aime prendre le temps de l’observer dans ses envolées métaphysiques, dans ses délires linguistiques.
Elle est mon Pygmalion au féminin je suis sa Galatée. Et Aphrodite me donne la vie pour l’aimer un peu plus chaque jour.
Jour après jour je la vois s’éveiller et retrouver le goût de vivre et de créer. Comme le petit oiseau dans son nid, elle ne demande qu’à s’envoler vers les hautes cimes. Je lui offre mon amour comme piste d’envol pour s’élancer vers sa destinée. Et comme piste d’atterrissage quand elle aura besoin de se reposer au creux de mes bras, afin de reprendre des forces pour ensuite repartir à la conquête des hauts plateaux de la création.
Je suis dans le
Sahel,
Le désert de Gobi,
Je ne puis vivre sans elle,
Alors pour rompre mon ennui
Dans les mots je me réfugie.
Dans les mots je me perds
Anne
« Comment croire que cela puisse arriver, de maudire les instants passés loin de toi. J’aimerais en ces heures sombres devenir trotteuse et courir sur la pendule, m’essouffler dans la poursuite des moments perdus, ne m’arrêter qu’à la seconde bénie où je tomberai dans tes bras. Alors, je saurai que je n’ai pas fait cela en vain. » Jo
J'vous écoute ...