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Je pense, je suis ..

  • : sensuality
  • nane528
  • : A travers les mots, je navigue sur la vague de mes sentiments, en toute liberté. Je hisse la voile de la sensualité pour voguer vers ma destinée. Loin devant je regarde, sans pudeur j'ose vivre ma vie et je le dis je l'écris.
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  • : 23/10/2007

Traduction

 

Je suis

  • : nane528
  • nane528
  • : Femme
  • : 27/01/1966
  • : je suis lesbienne et surtout femme et un jour mère ..
  • : humour poésie la musique la vie la nature

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Mes Souvenirs

Souvenir quand tu me tiens… Je ne sais pas pourquoi à certaines périodes de sa vie on a besoin de se remémorer les bons moments de sa vie et surtout de revenir se replonger dans son enfance. Suis-je en train de vieillir ? …

Quand je suis née, il y a fort longtemps de ça. Ma mère enseignante de son état avait une classe de fin d’études et n’ayant pas les moyens de me faire garder, c’est au fond de sa classe qu’elle installa mon berceau. De ces temps, je n’ai pas de souvenirs, mais ma mère me raconta que les récréations étaient pour ses élèves un moment privilégié pour jouer à la maman avec un poupon en chair et en os. Toutes ces petites mamans en herbe tournant autour de mon berceau, déjà toutes ces femmes qui me tournaient autour ! À cette époque je devais avoir bien plus de succès que maintenant et qui sait mon orientation sexuelle vient-elle de là ?

À seize mois, il devint impossible de me garder en classe, je parlais comme une petite bonne femme et je ne tenais plus en place. Alors, ma mère décida de me mettre à l’école maternelle. Je pense que je devais être à ce moment-là, la plus jeune enfant scolarisée. De ces années de maternelle, je garde un excellent souvenir. Par contre, les maîtresses doivent encore se souvenir de moi. Eh oui ! Je n’arrêtais pas de papoter et curieuse de tout, je mobilisais sans cesse l’attention de l’adulte. Les plus mauvais moments : la sieste, je réveillais toujours mes petits camarades, car je voulais jouer et pas perdre mon temps à dormir bêtement. En grande section, le travail proposé ne m’intéressait plus je préférais jouer à la maîtresse et lire des histoires à mes petits congénères. Au début, la maîtresse pensait fort judicieusement que j’avais une imagination débordante jusqu’au jour où elle s’aperçut que je lisais vraiment. Comment avais je appris ? Cela reste encore un grand mystère. Mais à la maison, en voyant ma mère et en étant entourée de livres cela a sans doute éveillé ma curiosité et mon goût de la lecture. Alors vite il fallait me passer au CP avec un an d'avance, car je perdais mon temps soi-disant.

Par contre, c’est en maternelle que je connus ma première grande déception. En fin d’année scolaire, on préparait la fête de l’école, et cette année-là devant tout le village réuni, les petits bouts de la maternelle donnaient une représentation de Blanche Neige et les sept nains. Je rêvais de jouer le rôle de Blanche Neige, mais on me colla le rôle de la vilaine reine, car elle avait bien plus de dialogue, j’étais victime de ma langue bien pendue et de ma hardiesse. Cette année-là, j’appris une chose essentielle : on ne fait pas toujours ce que l’on veut dans la vie…

Anne

Dimanche 23 novembre 2008
- Par nane528
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undefined Le doudou, objet transitionnel comme disent les psychologues. Bout de chiffon, qui n'a d'importance qu'à mes yeux. Quand je n'étais qu'un nourrisson, je t'ai tripoté, maltraité, malaxé, sucé. On a essayé de nous séparer bien des fois, mais je me suis accrochée à toi. Même, ce cher père Noël n'a pas réussi à te prendre et à t'éloigner de moi. Je t'ai transporté comme un trésor précieux et tu m'as suivi.

A l'adolescence, honteusement je te cachais au fond de ma poche. Et quand le doute s'emparait de moi, je te faisais tourner dans mes doigts, une manière sans doute simpliste de retrouver confiance en moi. Quand j'ai passé le baccalauréat, pas d'antisèches, mais toujours toi blotti au fond de ma poche à l'abri des regards indiscrets. Par peur du ridicule, je t'ai délaissé au fond d'un vieux tiroir. Mais en cachette, je revenais te voir, te humer, sentir un peu de cette enfance laissée derrière moi.

Tu m'as accompagné dans mes premiers pas de ma vie d'adulte, mais toujours prisonnier de ce silence. Quand mon cœur s'envolait vers une femme que j'aimais, égoïstement je te délaissais, je t'abandonnais. Mais quand mon cœur se sentait à son tour délaissé, je te serrais pour me rassurer, pour me prouver que j'existais au fond de moi.

Certains souriront en lisant ces mots. Mais je suis certaine qu'au fond de leur cœur ils ont eux aussi gardé ce doudou qui a accompagné leurs premiers pas. Aujourd'hui,  j’ai 42 ans, et tu es toujours là, je n'ai nulle honte à l'avouer, tu es toujours présent, toujours fidèle, toujours là. Et quand le cœur n'est pas à rire, ni à sourire, quand la vie me bouscule et que j’ai peur de sombrer, je me tourne vers toi sans pudeur et sans peur du ridicule. Je me retourne vers ce petit coin de l’enfance où je me sentais en sécurité, petit moment de répit dans un monde où la fragilité est condamnée.
Anne

Photo de Cagnard Christophe Zyeuter.com
Vendredi 22 février 2008
- Par nane528
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2-copie-copie-2.jpg Avant tout, trouver une bonne épicerie asiatique ...... et soyez patiente surtout si votre copain ou votre copine est comme ma belle ! En effet, les bonnes âmes ont très vite repéré en elle un cordon bleu. Alors on vient lui demander entre deux rayons la recette du riz cantonnais ... Et que je papote et que je papote ... j'adore ! 


Ingrédients à ne pas oublier : du riz rond, du "Su" (Vinaigre de riz), des feuilles de Nori (algues), un MAKISU (set sur lequel on va rouler le sushi), filet de saumon et de dorade, concombre, gingembre, wasabi, et la sauce au soja. 

t-DSCN60842.jpg PREPARATION DU "SUMESHI" (riz)

Riz rond : environ 1/2 verre à moutarde de riz (cru) pour une personne
Eau proportion : 1 mesure et 1/5 d'eau pour 1 mesure de riz

CUISSON :

1- Mettre l'eau mesurée dans la casserole où se trouve le riz égoutté.
2 - Couvrir la casserole et porter à ébullition à feu fort*. (*Attention : à feu moyen lors d'une cuisson de riz en petite quantité (pour 2-3 personnes))
3 - Lorsque l'eau bout, donner un tour de spatule hors du feu, puis recouvrir la casserole et la replacer sur un feu réduit de moitié.
4 - En veillant à ne pas faire déborder, laisser cuire 10mn, puis encore 5mn à feu minimum. (Attention ! ne pas découvrir la casserole)
5 - Retirer la casserole du feu en la laissant couverte pour que le riz gonfle dans sa vapeur pendant encore 10 mn. 

Mélanger le riz avec 5 cuillères à soupe de Su (vinaigre de riz) et attendre que le riz refroidisse avant de l'étaler sur les feuilles de nori pour confectionner les maki sushis....

Jusque là, pas trop difficile ... même moi j'ai compris.. Oui ok j'avais les explications de mon chef adoré .....

Maintenant attention opération délicate préparation des Maki-sushis Découper des fines lamelles de saumon ou de dorade et des allumettes de concombre.

Puis : 

300px-Nori.jpg
1. Mettre une feuille de NORI coupée sur le MAKISU. Comme le riz est assez collant, une fois celui-ci mis, vous ne pourrez plus recommencer. Ca va ? Vous êtes prêt ? On y va. 



kappa2.jpg 2. Etaler environ une cuillère à soupe de SUMESHI en laissant 1/4 de surface d'un côté. Attention ! Si vous mettez trop de riz, il débordera de votre feuille de NORI lors de l'enroulement. 




kappa3.jpg 3. Déposer deux concombres en bâtonnets horizontalement et les fines lamelles de dorade ou de saumon. Puis mouiller avec vos doigts l'espace sans riz pour que la feuille de Nori soit bien collée après l'enroulement. Pour se qui ont du mal à comprendre regarder les images ..... 



kappa4.jpg 4. Soulever le côté de Nori face à vous avec Makisu en appuyant sur les bâtonnets de concombre pour qu'ils restent au centre. Replier en une seule fois (mais lentement bien sûr) l'extrémité de Nori face à vous sur la frontière entre le riz et le Nori, du côté opposé. 


kappa5.jpg 5. Soulever MAKISU avec votre main droite et avec votre main gauche faire rouler un peu de manière à insérer, vers l'intérieur du rouleau, le côté venant d'être replié. 





kappa6.jpg 6. Une fois le côté entré, enrouler jusqu'à la fin de la feuille de NORI et faire rouler l'ensemble encore une fois sous MAKISU de façon à bien le former. 




kappa7.jpg 7. Avez- vous réussi ? C'est enfantin surtout quand on regarde ...... lol !!!
Laisser le à côté en mettant la partie collée en bas pour éviter un décollement.




kiru2.jpg 8. Mouiller votre couteau avant couper vos Makizushi, autrement il attacherait au riz collant et vous ne pourriez plus le retirer. 





10-copie-copie-1.jpg Et après déguster cela avec une sauce au soja avec une noisette de wasabi, sans omettre le gingembre (fameux gingembre !!!) ....... un délice pour le palais ..... Vous êtes en transe dans un état méditatif, c'est l'extase des sens ............ hummm !! Transporter en une bouchée au pays du soleil levant et pas harakiri !!!


Bon appétit ....

Anne 2007

Vendredi 7 décembre 2007
- Par nane528
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normal-4.jpg Alors je tiens à préciser que je ne viens pas de Marseille et que les faits racontés ne sortent pas tout droit de mon imagination débordante .....

Cet été, vers une heure du matin, comme à mon habitude, j'éteignis l'ordinateur et toutes les lumières du salon pour me diriger dans le noir vers ma chambre. Sur le sol je distinguai une ombre affalée, croyant naturellement que c'était ma chatte Nymphéa, je me baissai pour la caresser.

Soudain je sentis une sensation anormale de chaleur et d'humidité. Je sautai sur l'interrupteur. Et là horreur !!! sunna-funny-cat-2.jpg

Mon regard se posa sur le bouton de la lumière immaculée de traces de doigts ensanglantés. J'observai ma main : du sang. Mon cœur s'affola. Je paniquai. Mes muscles se crispèrent et je sentais dégouliner une perle de sueur sur mon front. Qu’arrivait-il ?. Mon regard se posa sur le sol et là, horreur ! Un véritable cauchemar éveillé, je vivais. Mes yeux croisèrent un cadavre désarticulé, étêté d'un petit lapinou.  Et ma chatte trônait toute fière à côté de son trophée. Je poussai un cri, trois pas en arrière, j’eus le cœur qui se souleva et elle, impassible, la féline. Des traces de pattes jonchaient le sol. Prenant mon courage à deux mains, je les suivis jusque sous mon lit. Où là, ma chienne se léchait délicieusement les pattes immaculées du sang de la petite victime. Angie me regarda avec bien moins d'audace que l'autre petit monstre. Elle savait que mon courroux allait être terrible : pas de calinou avant le coucher.

Donc à une heure du mat, alors que la fatigue était au rendez-vous, il eut fallu jouer les croque-morts et nettoyer les méfaits de ces deux petits monstres qui me servaient de compagnon. J'espérai que Nymphéa n'avait pas dans l'idée que je partage avec eux leur festin. Je crois que maintenant je ne peux plus manger de lapin même à la moutarde !

Un crime a été perpétré, cet été, sous mon toit, une tragédie digne des meilleurs films d’Hitchcock. Mais je vous avouerai que je préfère les voir sur petit écran que de les vivre en direct.

Anne 2007

Dimanche 18 novembre 2007
- Par nane528
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angie-copie-copie-1.jpg

Dans la vie toutes les rencontres sont exceptionnelles....

Un soir, fin septembre, pour me détendre je décidais d'aller boire un verre dans un troquet prés de chez moi. Mais je ne savais pas que j'allais faire une rencontre qui allait changer ma vie. Une nana et bien non, une petite « toutoune » toute pataude vient se coller à moi. Elle n'avait même pas un mois, elle me regardait avec son petit regard triste et me suppliait, vis avec moi... C'était le début d'une grande complicité. Je ne vous l'ai pas présentée, c'est Angie qu'elle se nomme. C'est une chienne bien singulière qui présente certain trouble de la personnalité. En effet, elle se prend pour un humain. vous ne me croyez pas et bien ma chienne me parle. Oui ne riez pas ma chienne me parle. Le seule truc c'est qua la maîtresse n'est pas douée avec les langues étrangères mais au bout du compte on finit toujours pas se comprendre.
 

IMG-4380.jpg

Dimanche 11 novembre 2007
- Par nane528
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IMG-3457.jpg Cet été, quand ma belle était là près de moi, la maison se transforma en arche de Noé pour insectes en tout genre, batraciens et sans oublier mes amis les rongeurs qui choisirent ma demeure pour y rendre l'âme en paix. Oui ! Je suis amoureuse la réincarnation féminine de Noé.

Appareil photo toujours armé car il ne fallait pas louper la rencontre avec un nouvelle occupant de ces lieux .... Sphinx colibri, faucheux du joli nom d'opilion, crapaud Lupo lupo, Mille pattes cylindriques et Mante religieuse virent poser devant mon photographe adoré ....

Et oui ! Il fallait immortaliser ces instants afin de pouvoir les coucher sur la toile... Ma belle se passionne pour l'entomologie et l'infiniment petit. Ce monde des insectes que l'on côtoie chaque jour et qui passe inaperçu ou presque. Car si vous posez le pied sur un petit mille pattes, vous en garderez un très mauvais souvenir car ce diploda, de son nom scientifique, est très urticant.

IMG-3432.jpg Et mon jardin, cet été, pour le plus grand plaisir de mon aimée, les crapauds lupo lupo virent forniquer et se reproduire presque sous nos yeux.

Ma maison est devenue, depuis qu’elle est entrée dans ma vie, la maison du bonheur. Venez à nous petits et grands, ici pas de soucis la vie vous sourit .......

Anne  2007
photos de Gany

Samedi 10 novembre 2007
- Par nane528
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2-copie-copie-1.jpg Se trouver dans un monde féérique, lilliputien dans le monde de "Gulliver", Schéhérazade dans les contes des "mille et une nuits" ou le capitaine Némo dans "Vingt mille lieues sous les mers", c'est extraordinaire ce que l'homme est capable de construire pour amuser petits et grands.

L'espace d'un instant, j'ai retrouvé mon innocence, les yeux écarquillés je me suis mise à rêver, j'avais 6 ans, 10 ans, j'étais dans un monde imaginaire loin de la réalité ambiante. Qu'il est bon de rêver et de s'évader, de retrouver les héros de Jules Vernes ou les autres personnages des contes qui ont bercé mon enfance. 

 


Si vous passez par Nantes, surtout allez voir l'éléphant et baladez vous sur le quai du hangar à bananes, c'est vraiment génial ..... 

13-copie.jpg

 

Mercredi 7 novembre 2007
- Par nane528
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92137.jpg A 30 ans, comme beaucoup, un soir je me suis aperçue que mes yeux me trahissaient que je n'arrivais plus à lire les définitions des mots croisés que je chérissais. Je pris alors tout naturellement rendez-vous avec un ophtalmologiste. Et là le diagnostic tomba comme un couperet dans ma vie. On ne pouvait pas corriger cette fatigue oculaire, mes cornées se détruisaient avec le temps. Il fallait que j'attende patiemment une greffe pour espérer ralentir cette maladie qui désormais accompagnera ma vie.

Ce diagnostic m'avait assommée qu'est ce qui m'arrivait. Ce mot greffe résonnait dans ma tête, il fallait que j'attende la mort d'un être humain pour continuer à espérer. La mort me hantait je ne pouvais me résoudre à cette idée mais il fallait que je me fasse une raison.

Cette maladie devint ma pire ennemie. Tous les matins je l'insultais je déversais sur elle toute ma colère, toute ma rage. Je l'ai ignoré et j'ai continué, toujours travailler, ne pas se laisser aller. De jours en jours mes yeux me trahissaient et cette ennemie gagnait du terrain dans ma vie. Dans ma classe, mes élèves devenaient des silhouettes, des pantins qui gesticulaient, je ne voyais plus leur visage ni l'éclat de leur sourire. quand j'écrivais au tableau je ne pouvais plus me relire et je n'ai pas pu duper bien longtemps ces chérubins de cet handicap qui jour après jour m'affaiblissait.

Moi qui dévorais les livres je ne pouvais plus que les caressaient. Les phrases se superposaient et je ne comprenais plus ce que je lisais. Même la lumière devenait insupportable. Alors je me suis cachée derrière de lunettes noires, une casquette sur la tête pour protéger mes yeux de toutes agressions lumineuses. Jai du me résigner, en attendant cette greffe, à demander à mon administration un poste protégé. Ils n'ont rien trouvé de mieux que de me proposer un poste dans une bibliothèque, torture morale me mettre au milieu de ces livres que je ne pouvais plus ouvrir.

Pendant cinq ans, j'ai attendu ce greffon qui me permettrait pour un temps de ne plus dépendre des autres et de retrouver mon autonomie. A l'annonce de ma maladie, certains ont fui de peur sans doute de me servir de canne blanche. Mais ma famille et quelques amis sont restés pourtant je devenais pénible. Je n'admettais pas cette infirmité et inconsciemment je leur faisais payer. Ils recevaient mes coups sans jamais me répondre avec beaucoup de patience ils guidaient mes pas. Ils devenaient mes yeux sans jamais se plaindre de mes accès de colère.

Un jour de février 1999, le téléphone sonna : Je devais me rendre d'urgence à l'hôpital une cornée m'attendait, j'allais être greffée. En raccrochant le combiné, j'avais l'impression que mes oreilles elles aussi me trahissaient. Mais non une famille malgré toute leur souffrance avait accepté ce don qui me redonnerait le goût de vivre. Les jours qui ont suivi l'opération, ont été très pénibles car là je ne voyais même plus le bout de mes pieds et les murs de chez moi devenaient un obstacle. Je me terrais au fond d'un fauteuil, je n'osais plus me mouvoir. Cela a duré quelque mois, et un matin au petit déjeuné, comme un miracle, je pus lire sur une bouteille de lait le mot "Candia". Je ne  peux pas décrire ce que j'ai ressenti tellement c’était intense, enfin mes yeux s'éveillaient à la vie.

177658-11837479011-m.jpg Chaque mois de février je repense à celui ou celle qui a perdu la vie mais qui m'a redonné la vue. Sa mort a été ma délivrance et désormais quand mes yeux regardent le soleil se levait chaque matin, c'est à lui ou à elle que je le dois.

Je sais que la maladie est toujours là. On la ralentit un peu de répit, pour combien de temps je ne sais pas. Maintenant ce n'est plus mon ennemie mais une amie qui me fait apprécier les beautés de la vie.
 

La maladie m'a construite et quelque part si elle n'avait pas croisé mon chemin, je ne serais pas ce que je suis. Elle a forgé ma sensibilité. c'est une faiblesse mais une force aussi car j'ai appris l'humilité. J'ai appris que dans la vie les priorités n'étaient pas dans le paraître mais dans l'être. C'est paradoxale mais quand mes yeux sont tombés malades j'ai appris à regarder, à observer, à écouter. Je suis sortie de ma petite vie égoïste pour essayer d'aller vers les autres une manière sans doute de garder le cap.

Je ne conçois actuellement pas ma vie sans mes yeux même si je sais pertinemment que l'on peut regarder autrement et continuer à vivre en étant amputé d'une partie de soi. Souvent je me suis entrainée à vivre dans le noir pour appréhender cette cécité qui un jour me guette. Mais aujourd'hui je suis boulimique de tout ce qui est visuel sans doute pour graver dans ma mémoire les beautés de la vie.

Je ne suis pas défaitiste, ni pessimiste je deviens philosophe. Je tiens simplement à remercier celui ou celle qui m'a donné ce répit que je veux mettre à profit pour faire au maximum ce que ma vue me permet.

Il parait que je vois la vie déformée mais finalement déformé ou non je vis. Certes quand dans la rue on me fait signe de loin, je rends poliment ce bonjour, sans savoir qui me salut mais cela ne me gène guère. Aujourd'hui grâce à la générosité je peux lire et je me nourris des mots, des images, des tableaux. Chaque visage je le grave dans ma mémoire pour ne pas oublier que j'ai eu la chance de le voir. Chaque lever de soleil est un miracle que j'inscris au fond de moi.

Sans doute qu'un jour mes mains et mes oreilles remplaceront mes yeux. Quand ce jour viendra, je ne sais pas si j'aurai la force de continuer. C'est pour ça que je veux profiter du présent.

Anne  2007

Mercredi 7 novembre 2007
- Par nane528
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