Souvenir quand tu me tiens… Je ne sais pas pourquoi à certaines
périodes de sa vie on a besoin de se remémorer les bons moments de sa vie et surtout de revenir se replonger dans son enfance. Suis-je en train de vieillir ? …
Quand je suis née, il y a fort
longtemps de ça. Ma mère enseignante de son état avait une classe de fin d’études et n’ayant pas les moyens de me faire garder, c’est au fond de sa classe qu’elle installa mon berceau. De ces
temps, je n’ai pas de souvenirs, mais ma mère me raconta que les récréations étaient pour ses élèves un moment privilégié pour jouer à la maman avec un poupon en chair et en os. Toutes ces
petites mamans en herbe tournant autour de mon berceau, déjà toutes ces femmes qui me tournaient autour ! À cette époque je devais avoir bien plus de succès que maintenant et qui sait mon
orientation sexuelle vient-elle de là ?
À seize mois, il devint impossible
de me garder en classe, je parlais comme une petite bonne femme et je ne tenais plus en place. Alors, ma mère décida de me mettre à l’école maternelle. Je pense que je devais être à ce moment-là,
la plus jeune enfant scolarisée. De ces années de maternelle, je garde un excellent souvenir. Par contre, les maîtresses doivent encore se souvenir de moi. Eh oui ! Je n’arrêtais pas de
papoter et curieuse de tout, je mobilisais sans cesse l’attention de l’adulte. Les plus mauvais moments : la sieste, je réveillais toujours mes petits camarades, car je voulais jouer et pas
perdre mon temps à dormir bêtement. En grande section, le travail proposé ne m’intéressait plus je préférais jouer à la maîtresse et lire des histoires à mes petits congénères. Au début, la
maîtresse pensait fort judicieusement que j’avais une imagination débordante jusqu’au jour où elle s’aperçut que je lisais vraiment. Comment avais je appris ? Cela reste encore un grand mystère.
Mais à la maison, en voyant ma mère et en étant entourée de livres cela a sans doute éveillé ma curiosité et mon goût de la lecture. Alors vite il fallait me passer au CP avec un an d'avance, car
je perdais mon temps soi-disant.
Par contre, c’est en maternelle
que je connus ma première grande déception. En fin d’année scolaire, on préparait la fête de l’école, et cette année-là devant tout le village réuni, les petits bouts de la maternelle donnaient
une représentation de Blanche Neige et les sept nains. Je rêvais de jouer le rôle de Blanche Neige, mais on me colla le rôle de la vilaine reine, car elle avait bien plus de dialogue, j’étais
victime de ma langue bien pendue et de ma hardiesse. Cette année-là, j’appris une chose essentielle : on ne fait pas toujours ce que l’on veut dans la vie…
Anne
Dimanche 23 novembre 2008
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Par nane528
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Le doudou, objet transitionnel comme disent les psychologues. Bout de chiffon, qui n'a d'importance qu'à mes
yeux. Quand je n'étais qu'un nourrisson, je t'ai tripoté, maltraité, malaxé, sucé. On a essayé de nous séparer bien des fois, mais je me suis accrochée à toi. Même, ce cher père Noël n'a pas
réussi à te prendre et à t'éloigner de moi. Je t'ai transporté comme un trésor précieux et tu m'as suivi.
A l'adolescence, honteusement je te cachais au fond de ma poche. Et quand le doute s'emparait de moi, je te faisais tourner dans mes
doigts, une manière sans doute simpliste de retrouver confiance en moi. Quand j'ai passé le baccalauréat, pas d'antisèches, mais toujours toi blotti au fond de ma poche à l'abri des regards
indiscrets. Par peur du ridicule, je t'ai délaissé au fond d'un vieux tiroir. Mais en cachette, je revenais te voir, te humer, sentir un peu de cette enfance laissée derrière moi.
Tu m'as accompagné dans mes premiers pas de ma vie d'adulte, mais toujours prisonnier de ce silence. Quand mon cœur s'envolait vers une
femme que j'aimais, égoïstement je te délaissais, je t'abandonnais. Mais quand mon cœur se sentait à son tour délaissé, je te serrais pour me rassurer, pour me prouver que j'existais au fond de
moi.
Certains souriront en lisant ces mots. Mais je suis certaine qu'au fond de leur cœur ils ont eux aussi gardé ce doudou qui a accompagné
leurs premiers pas. Aujourd'hui, j’ai 42 ans, et tu es toujours là, je n'ai nulle honte à l'avouer, tu es toujours présent, toujours fidèle, toujours là. Et quand le cœur n'est pas à rire,
ni à sourire, quand la vie me bouscule et que j’ai peur de sombrer, je me tourne vers toi sans pudeur et sans peur du ridicule. Je me retourne vers ce petit coin de l’enfance où je me sentais en
sécurité, petit moment de répit dans un monde où la fragilité est condamnée.
Anne
Photo de Cagnard Christophe Zyeuter.com
Vendredi 22 février 2008
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Par nane528
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Alors je tiens à préciser que je ne viens pas de Marseille et que les faits racontés ne sortent pas tout droit de mon imagination débordante .....
Cet été, vers une heure du matin, comme à mon habitude, j'éteignis l'ordinateur et toutes les lumières du salon pour me
diriger dans le noir vers ma chambre. Sur le sol je distinguai une ombre affalée, croyant naturellement que c'était ma chatte Nymphéa, je me baissai pour la caresser.
Soudain je sentis une sensation anormale de chaleur et d'humidité. Je sautai sur l'interrupteur. Et là horreur !!!
Mon regard se posa sur le bouton de la lumière immaculée de traces de doigts ensanglantés. J'observai ma main : du sang. Mon cœur s'affola. Je
paniquai. Mes muscles se crispèrent et je sentais dégouliner une perle de sueur sur mon front. Qu’arrivait-il ?. Mon regard se posa sur le sol et là, horreur ! Un véritable cauchemar
éveillé, je vivais. Mes yeux croisèrent un cadavre désarticulé, étêté d'un petit lapinou. Et ma chatte trônait toute fière à côté de son trophée. Je poussai un cri, trois pas en arrière,
j’eus le cœur qui se souleva et elle, impassible, la féline. Des traces de pattes jonchaient le sol. Prenant mon courage à deux mains, je les suivis jusque sous mon lit. Où là, ma chienne se
léchait délicieusement les pattes immaculées du sang de la petite victime. Angie me regarda avec bien moins d'audace que l'autre petit monstre. Elle savait que mon courroux allait être terrible :
pas de calinou avant le coucher.
Donc à une heure du mat, alors que la fatigue était au rendez-vous, il eut fallu jouer les croque-morts et nettoyer les méfaits de ces deux petits
monstres qui me servaient de compagnon. J'espérai que Nymphéa n'avait pas dans l'idée que je partage avec eux leur festin. Je crois que maintenant je ne peux plus manger de lapin même à la
moutarde !
Un crime a été perpétré, cet été, sous mon toit, une tragédie digne des meilleurs films d’Hitchcock. Mais je vous avouerai que je préfère les voir sur
petit écran que de les vivre en direct.
Anne 2007
Dimanche 18 novembre 2007
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Par nane528
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Dans la vie toutes les rencontres sont exceptionnelles....
Un soir, fin septembre, pour me
détendre je décidais d'aller boire un verre dans un troquet prés de chez moi. Mais je ne savais pas que j'allais faire une rencontre qui allait changer ma vie. Une nana et bien non, une petite
« toutoune » toute pataude vient se coller à moi. Elle n'avait même pas un mois, elle me regardait avec son petit regard triste et me suppliait, vis avec moi... C'était le début d'une
grande complicité. Je ne vous l'ai pas présentée, c'est Angie qu'elle se nomme. C'est une chienne bien singulière qui présente certain trouble de la personnalité. En effet, elle se prend pour un
humain. vous ne me croyez pas et bien ma chienne me parle. Oui ne riez pas ma chienne me parle. Le seule truc c'est qua la maîtresse n'est pas douée avec les langues étrangères mais au bout du
compte on finit toujours pas se comprendre.
Dimanche 11 novembre 2007
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Par nane528
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Cet été, quand ma belle était là près de moi, la maison se transforma en arche de Noé pour insectes en tout genre, batraciens et sans
oublier mes amis les rongeurs qui choisirent ma demeure pour y rendre l'âme en paix. Oui ! Je suis amoureuse la réincarnation féminine de Noé.
Appareil photo toujours armé car il ne fallait pas louper la rencontre avec un nouvelle occupant de ces lieux .... Sphinx colibri,
faucheux du joli nom d'opilion, crapaud Lupo lupo, Mille pattes cylindriques et Mante religieuse virent poser devant mon photographe adoré ....
Et oui ! Il fallait immortaliser ces instants afin de pouvoir les coucher sur la toile... Ma belle se passionne pour l'entomologie et
l'infiniment petit. Ce monde des insectes que l'on côtoie chaque jour et qui passe inaperçu ou presque. Car si vous posez le pied sur un petit mille pattes, vous en garderez un très mauvais
souvenir car ce diploda, de son nom scientifique, est très urticant.
Et mon
jardin, cet été, pour le plus grand plaisir de mon aimée, les crapauds lupo lupo virent forniquer et se reproduire presque sous nos yeux.
Ma maison est devenue, depuis qu’elle est entrée dans ma vie, la maison du bonheur. Venez à nous petits et grands, ici pas de soucis la
vie vous sourit .......
Anne 2007
photos de Gany
Samedi 10 novembre 2007
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Par nane528
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Se trouver dans un monde féérique, lilliputien dans le
monde de "Gulliver", Schéhérazade dans les contes des "mille et une nuits" ou le capitaine Némo dans "Vingt mille lieues sous les mers", c'est extraordinaire ce que l'homme est capable de
construire pour amuser petits et grands.
L'espace d'un instant, j'ai retrouvé mon
innocence, les yeux écarquillés je me suis mise à rêver, j'avais 6 ans, 10 ans, j'étais dans un monde imaginaire loin de la réalité ambiante. Qu'il est bon de rêver et de s'évader, de retrouver les
héros de Jules Vernes ou les autres personnages des contes qui ont bercé mon enfance.
Si vous passez par Nantes, surtout allez voir l'éléphant et baladez vous sur le quai du hangar à bananes, c'est vraiment génial .....
Mercredi 7 novembre 2007
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Par nane528
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A
30 ans, comme beaucoup, un soir je me suis aperçue que mes yeux me trahissaient que je n'arrivais plus à lire les définitions des mots croisés que je chérissais. Je pris alors tout naturellement
rendez-vous avec un ophtalmologiste. Et là le diagnostic tomba comme un couperet dans ma vie. On ne pouvait pas corriger cette fatigue oculaire, mes cornées se détruisaient avec le temps. Il
fallait que j'attende patiemment une greffe pour espérer ralentir cette maladie qui désormais accompagnera ma vie.
Ce diagnostic m'avait assommée qu'est ce qui m'arrivait. Ce mot greffe résonnait dans ma tête, il fallait que j'attende la mort d'un être
humain pour continuer à espérer. La mort me hantait je ne pouvais me résoudre à cette idée mais il fallait que je me fasse une raison.
Cette maladie devint ma pire ennemie. Tous les matins je l'insultais je déversais sur elle toute ma colère, toute ma rage. Je l'ai ignoré
et j'ai continué, toujours travailler, ne pas se laisser aller. De jours en jours mes yeux me trahissaient et cette ennemie gagnait du terrain dans ma vie. Dans ma classe, mes élèves devenaient
des silhouettes, des pantins qui gesticulaient, je ne voyais plus leur visage ni l'éclat de leur sourire. quand j'écrivais au tableau je ne pouvais plus me relire et je n'ai pas pu duper bien
longtemps ces chérubins de cet handicap qui jour après jour m'affaiblissait.
Moi qui dévorais les livres je ne pouvais plus que les caressaient. Les phrases se superposaient et je ne comprenais plus ce que je
lisais. Même la lumière devenait insupportable. Alors je me suis cachée derrière de lunettes noires, une casquette sur la tête pour protéger mes yeux de toutes agressions lumineuses. Jai du me
résigner, en attendant cette greffe, à demander à mon administration un poste protégé. Ils n'ont rien trouvé de mieux que de me proposer un poste dans une bibliothèque, torture morale me mettre
au milieu de ces livres que je ne pouvais plus ouvrir.
Pendant cinq ans, j'ai attendu ce greffon qui me permettrait pour un temps de ne plus dépendre des autres et de retrouver mon autonomie. A
l'annonce de ma maladie, certains ont fui de peur sans doute de me servir de canne blanche. Mais ma famille et quelques amis sont restés pourtant je devenais pénible. Je n'admettais pas cette
infirmité et inconsciemment je leur faisais payer. Ils recevaient mes coups sans jamais me répondre avec beaucoup de patience ils guidaient mes pas. Ils devenaient mes yeux sans jamais se
plaindre de mes accès de colère.
Un jour de février 1999, le téléphone sonna : Je devais me rendre d'urgence à l'hôpital une cornée m'attendait, j'allais être
greffée. En raccrochant le combiné, j'avais l'impression que mes oreilles elles aussi me trahissaient. Mais non une famille malgré toute leur souffrance avait accepté ce don qui me redonnerait le
goût de vivre. Les jours qui ont suivi l'opération, ont été très pénibles car là je ne voyais même plus le bout de mes pieds et les murs de chez moi devenaient un obstacle. Je me terrais au fond
d'un fauteuil, je n'osais plus me mouvoir. Cela a duré quelque mois, et un matin au petit déjeuné, comme un miracle, je pus lire sur une bouteille de lait le mot "Candia". Je ne peux pas
décrire ce que j'ai ressenti tellement c’était intense, enfin mes yeux s'éveillaient à la vie.
Chaque mois de février je repense à celui ou celle qui a perdu la vie mais qui m'a redonné la vue. Sa mort a été ma
délivrance et désormais quand mes yeux regardent le soleil se levait chaque matin, c'est à lui ou à elle que je le dois.
Je sais que la maladie est toujours là. On la ralentit un peu de répit, pour combien de temps je ne sais pas. Maintenant ce n'est plus mon
ennemie mais une amie qui me fait apprécier les beautés de la vie.
La maladie m'a construite et quelque part si elle n'avait pas croisé mon chemin, je ne serais pas ce que je suis. Elle a
forgé ma sensibilité. c'est une faiblesse mais une force aussi car j'ai appris l'humilité. J'ai appris que dans la vie les priorités n'étaient pas dans le paraître mais dans l'être. C'est
paradoxale mais quand mes yeux sont tombés malades j'ai appris à regarder, à observer, à écouter. Je suis sortie de ma petite vie égoïste pour essayer d'aller vers les autres une manière sans
doute de garder le cap.
Je ne conçois actuellement pas ma vie sans mes yeux même si je sais pertinemment que l'on peut regarder autrement et continuer à vivre en
étant amputé d'une partie de soi. Souvent je me suis entrainée à vivre dans le noir pour appréhender cette cécité qui un jour me guette. Mais aujourd'hui je suis boulimique de tout ce qui est
visuel sans doute pour graver dans ma mémoire les beautés de la vie.
Je ne suis pas défaitiste, ni pessimiste je deviens philosophe. Je tiens simplement à remercier celui ou celle qui m'a donné ce répit que
je veux mettre à profit pour faire au maximum ce que ma vue me permet.
Il parait que je vois la vie déformée mais finalement déformé ou non je vis. Certes quand dans la rue on me fait signe de loin, je rends
poliment ce bonjour, sans savoir qui me salut mais cela ne me gène guère. Aujourd'hui grâce à la générosité je peux lire et je me nourris des mots, des images, des tableaux. Chaque visage je le
grave dans ma mémoire pour ne pas oublier que j'ai eu la chance de le voir. Chaque lever de soleil est un miracle que j'inscris au fond de moi.
Sans doute qu'un jour mes mains et mes oreilles remplaceront mes yeux. Quand ce jour viendra, je ne sais pas si j'aurai la force de
continuer. C'est pour ça que je veux profiter du présent.
Anne 2007
Mercredi 7 novembre 2007
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Par nane528
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J'vous écoute ...