J'ai bien couru ....

Publié le par nane528

infirmiere.jpgAprès trois ans d'étude, où je découvris la face cachée de la vie, je décrochai ce diplôme d'infirmière.

Toute auréolée de ce trophée, je me rendis en Suisse, pour exercer ce métier dont j'avais rêvé. Mais je n'étais pas encore au bout de mes peines. Miss catastrophe, on me surnommait. J'avais été nommée dans un service d'urgence, j'avais le don pour m'attirer tous les cas de la création. Mes collègues la nuit, souvent pouvaient somnoler. Et bien moi, toujours sur le pont et toujours en action. A tel point que les internes, pour prendre leur tour de garde allaient d'abord consulter le tableau des présences infirmiers aux urgences. Et quand c'était moi, ils ne se battaient pas, bien au contraire, ils fuyaient.

Un soir, alors que comme à mon habitude je courais d'un patient à l'autre sans interruption. Une femme sonna à l'entrée de l'hôpital. Consciencieusement je me précipitai, j'ouvris la porte. Elle se mit à courir dans tous les sens en hurlant et vociférant : "Ma vulve s'est envolée". Et bien voilà autre chose maintenant, si les vulves suisses ne tiennent pas en place. Très vite dans ma petite tête, je me récitai le manuel de la bonne infirmière, que faire face à ce genre de situation. Je ne trouvai rien de mieux que d'aider cette pauvre femme à rattraper cette vulve éprise de liberté soudaine. Nous voilà toutes les deux, courant dans les couloirs de cet hôpital, elle, après sa vulve et moi, après elle. Les collègues de service, cette nuit là, nous regardaient passer l'air ahuri. Mais personne n’eut la bonne idée de m'aider à coincer cette pauvre âme égarée. A l'école d'infirmière, on ne vous dit pas tout, personne ne m'avait dit que pour exercer ce métier là, il fallait avoir l'endurance d'un coureur de marathon. Enfin au bout de trois quart d'heure de course endiablée de service en service, je finis par l'attraper. Et après vérification d'usage la vulve était bien là mais la tête n'y était plus.

Je ne sais pas si c'était l'air de la montagne helvétique, mais dans cet hôpital, j'ai appris à courir et très vite. C'était un dimanche après midi, à l'heure où les familles viennent s'enquérir des nouvelles d'un proche. Je reçus un patient dans un piteux état, ivresse caractérisée. Je le déshabillai et depuis mes premiers pas dans le métier, j'avais fait d'énorme progrès pour dévêtir ces messieurs. Je m'étonnais même avec quelle dextérité et rapidité je m'y prenais. A peine dénudé, il me fixa avec un regard étrange qui ne laissait rien présumer de bien. Et il hurla : "Je te veux !". Mon sang ne fit qu'un tour et je pris mes jambes à mon coup pour déguerpir de là. Il ne trouva rien de plus intéressant que de me poursuivre nu dans le dédale des couloirs de l'hôpital au milieu des familles et des patients abasourdis par ce spectacle. Et malgré l'alcool dont il était imbibé, il courait vite mon cochon. L'interne de garde trouvant la scène amusante était plié en deux, paralysait de rire. Dans l'histoire celle qui riait le moins devinez un peu, c'était moi. Ce jour là, j'ai dû battre mon record de vitesse, je vous l'assure. Finalement, le bon docteur après un quart d'heure d'hilarité, se ressaisit et finit par neutraliser mon poursuivant. Heureusement car le souffle commençait à me manquer. Après cette animation improvisée qui amusa tout l'hôpital. Le calme revint et ce n'était pas trop tôt car après une échappée comme celle là, j'étais lessivée.

Jamais on  ne m'avait mise en garde des dangers d'un tel métier...

Vous comprendrez pourquoi j'ai troqué la blouse blanche contre la craie blanche.

Anne 2007

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Publié dans Humour

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