N'oublions plus ces oublié(e)s
Deux ans qu’il n’est plus là, sur son grand bateau il est parti, il a quitté la vie. Mais nous ne devons pas oublier qui il était et ce qu’il a vécu. Sa mémoire doit briller toujours et toujours pour que les années noires, plus jamais n’existent. Il a subi le pire, l'intolérance, la violence et la folie des hommes. Aujourd'hui nous n'avons pas le droit d'oublier, d'effacer de notre mémoire, l'atroce … Pierre Seel (né le 16 août 1923 à Haguenau et décédé le 25 novembre 2005 à Toulouse), est la seule personnalité homosexuelle française à avoir témoigné à visage découvert de sa déportation durant la Seconde Guerre mondiale pour cause d'homosexualité.
En mai 1941, il est déporté au camp de concentration de Schirmeck.
Dans les camps, les homosexuels n’étaient pas destinés à l’extermination (qui ne concernait que les juifs et les tziganes). Ils devaient subir une rééducation forcée par le travail. Des expériences « médicales » furent menées sur nombre d’entre eux, allant de la lobotomie aux injections hormonales. Les hommes portaient le triangle rose, les femmes (moins nombreuses) le triangle noir. L’insigne des homosexuels masculins était souvent plus grand que celui des autres détenus afin que les S.S., mais aussi les kapos et les détenus puissent plus aisément les repérer.
« Un jour, les haut-parleurs nous convoquèrent séance tenante sur la place de l'appel. (...) il s'agissait en fait d'une épreuve autrement plus pénible, d'une condamnation à mort. Au centre du carré que nous formions, on amena, encadré par deux SS, un jeune homme. Horrifié, je reconnus Jo, mon tendre ami de dix-huit ans. (...) Je me figeai de terreur. J'avais prié pour qu'il ait échappé à leur rafle, à leurs listes, à leur humiliation. Et il était là, sous mes yeux impuissants qui s'embuèrent de larmes. (...) "Depuis, il m'arrive encore souvent de me réveiller la nuit en hurlant. Depuis plus de cinquante ans, cette scène repasse inlassablement devant mes yeux. Je n'oublierai jamais cet assassinat barbare de mon amour. Sous mes yeux, sous nos yeux. Car nous fûmes des centaines à être témoins. Pourquoi tous se taisaient tous aujourd'hui ? Sont-ils donc tous morts ? (...) Mais je pense que certains préfèrent se taire pour toujours, redoutant de réveiller d'atroces souvenirs comme celui-ci parmi tant d'autres. Quant à moi, après des dizaines d'années de silence, j'ai décidé de parler, de témoigner, d'accuser. »
En mai 1941, il est déporté au camp de concentration de Schirmeck.
Dans les camps, les homosexuels n’étaient pas destinés à l’extermination (qui ne concernait que les juifs et les tziganes). Ils devaient subir une rééducation forcée par le travail. Des expériences « médicales » furent menées sur nombre d’entre eux, allant de la lobotomie aux injections hormonales. Les hommes portaient le triangle rose, les femmes (moins nombreuses) le triangle noir. L’insigne des homosexuels masculins était souvent plus grand que celui des autres détenus afin que les S.S., mais aussi les kapos et les détenus puissent plus aisément les repérer.
« Un jour, les haut-parleurs nous convoquèrent séance tenante sur la place de l'appel. (...) il s'agissait en fait d'une épreuve autrement plus pénible, d'une condamnation à mort. Au centre du carré que nous formions, on amena, encadré par deux SS, un jeune homme. Horrifié, je reconnus Jo, mon tendre ami de dix-huit ans. (...) Je me figeai de terreur. J'avais prié pour qu'il ait échappé à leur rafle, à leurs listes, à leur humiliation. Et il était là, sous mes yeux impuissants qui s'embuèrent de larmes. (...) "Depuis, il m'arrive encore souvent de me réveiller la nuit en hurlant. Depuis plus de cinquante ans, cette scène repasse inlassablement devant mes yeux. Je n'oublierai jamais cet assassinat barbare de mon amour. Sous mes yeux, sous nos yeux. Car nous fûmes des centaines à être témoins. Pourquoi tous se taisaient tous aujourd'hui ? Sont-ils donc tous morts ? (...) Mais je pense que certains préfèrent se taire pour toujours, redoutant de réveiller d'atroces souvenirs comme celui-ci parmi tant d'autres. Quant à moi, après des dizaines d'années de silence, j'ai décidé de parler, de témoigner, d'accuser. » Le chant des marais
Loin vers l’infini s’étendent
Des grands près marécageux.
Pas un seul oiseau ne chante
Sur les arbres secs et creux.
REFRAIN
O, terre de détresse
Où nous devons sans cesse
Piocher.
Dans le camp morne et sauvage
Entouré de murs de fer
Il nous semble vivre en cage
Au milieu d'un grand désert
Bruit des pas et bruit des armes,
Sentinelles jour et nuit,
Et du sang, des cris, des larmes,
La mort pour celui qui fuit.
Mais un jour dans notre vie,
Le printemps refleurira
Libre enfin, ô ma patrie,
Je dirai tu es à moi.
REFRAIN
O, terre d’allégresse
Où nous pourrons sans cesse
Aimer
En 2005, le Président de la République Jacques Chirac a franchi un pas historique en reconnaissant, lors de son discours en avril 2005, la déportation de français pour motif d'homosexualité.
Grâce à Pierre Seel, nous n'oublierons plus les oubliéEs.
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