Hymne aux baisers

Puisque j'ai mis ma lèvre
à ta coupe encore pleine ;
.........
Puisque j'ai respiré
parfois ta douce haleine
De ton âme, parfum
dans l'ombre enseveli ;
........
Puisque j'ai vu pleurer,
puisque j'ai vu sourire
Ta bouche sur ma bouche
et tes yeux sur mes yeux
........
V. Hugo

photo de Obolenski
La gorge lourde du soleil
S'offre à mes lèvres par tes lèvres
A mes mains par tes mains prodigues
De toute ta chair à mon corps
Mon désir est plus grand que le ciel et la mer
D'être deux fois et d'être partagés
Nous nous sentons plus forts nous dominons le jour
Et les plaisirs du jour et les douleurs du jour
Notre coeur couvre les horizons
Mon désir mon amour tient entre tes yeux purs
Et nos caresses paysages
Nos premiers baisers de printemps
Nos lourdes étreintes d'orage
Unissent les quatre éléments
Vois la chaleur et vois mon chant qui s'éternise
Paul Eluard
photo de François Benveniste
Je ne vois plus la mer, quand tu m'as embrassée.
La mer est dans tes yeux, mes lèvres sont mouillées.
Amie, ô penche-toi, laisse ton doux visage, innocemment ainsi, me cacher ce nuage.
Paul Fort