L'oreille
Certains te voient comme un simple pavillon ou comme une étagère à mégots, un radar, une esgourde ou une simple feuille. Certains aiment que l’on te tire en se faisant prier ou aiment te tendre et être aux aguets. Quand tu chauffes, ce n’est pas bon pour le propriétaire et bien souvent il passe un sale quart d’heure. Un peintre célèbre t’a même amputée pour t’offrir à un ami qui faisait la sourde oreille, afin de lui mettre la puce à l’oreille. Van Gogh ne se ménageait pas les oreilles. Et ensuite il ne pouvait qu’être distrait le pauvre malheureux, puisqu’il ne pouvait plus qu’écouter que d’une oreille et difficile ensuite pour lui, de dormir sur ses deux oreilles en toute quiétude.
Mais, Tu es avant tout, un labyrinthe miniature et sensuel. C’est par toi que s’impose la voix de ceux qui s’aiment. Par toi, les amants s’envoient des mots doux qui font frissonner les corps et bousculent la pudeur. C’est par toi que viennent s’immiscer les soupirs et les cris, les mots qui troublent l’âme et qui font chavirer les corps. On t’aime naturelle ou percée, infibulée, parée de diamants, d’or ou de perles. Pour certains, tu n’es qu’une zone aride et sans intérêt ou une simple étape vers la bouche. Mais sans toi, je ne peux susurrer à celle que j’aime tout mon amour.
Pour moi, tu es un joyau sans pareil, un joli coquillage venu du fin fond de notre création. Et chaque caresse en tes plis déploie dans le corps d’irrésistibles mouvements de plaisir, une vague qui amène le désir.
Anne
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