Pour toi Grand-Mère

Publié le par nane528

226956.jpgQuand je n’étais pas plus haut que trois pommes, je me blottissais contre toi et je buvais tes paroles quand tu me parlais de l'homme que tu avais tant aimé. Tu t'amusais de me voir courir dans ces allées du cimetière pour aller embrasser la tombe de mon grand-père. Tu étais ma meilleure confidente quand maman me grondait c'est toi que j'appelais pour partager mon gros chagrin d'enfant, tu essuyais mes larmes sans jamais blâmer ta fille.

Tu me disais toujours ; "mange de la soupe pour grandir". Je t'ai prise aux 198709.jpgmots. Tous les matins, ta cuisine embaumait cette bonne soupe dont tu avais le secret. Une marmite impressionnante, tu faisais car chaque soir, du facteur aux voisins chacun venait chercher ce doux breuvage. Un jour, détournant ton attention, je m'étais gavée de cette soupe miraculeuse qui devait me permettre de grandir à tes yeux. Le soir quand le préposé aux postes vint comme à son habitude se ravitailler, plus de soupe. Tu avais paniqué pendant deux jours tu m'avais mise à la diète.

Tu berças mon enfance de tous tes souvenirs, seule toi, étais la mémoire de la famille. A l'âge adulte, j'aimais me promener avec toi et te donner la main, geste nostalgique de l'enfance. Mais quand on croisait quelqu'un sur notre route, tu la lâchais brutalement. A ton époque, il ne fallait pas montrer ses sentiments en public. Cela m'irritait un peu car pour moi tu étais ma grand-mère et montrer combien tu comptais à mes yeux, était un honneur et un vrai bonheur.

Quand mon cousin s'endormit à jamais, j'avais la responsabilité de t'annoncer ce drame. Tu étais restée froide pas une larme. J'avais été choquée par ce comportement. Mais le lendemain, j'avais surpris à ton insu ton chagrin, ne jamais montrer sa peine, pleurer en silence, ne jamais dire je t'aime, telle était l'éducation que tu avais reçue.

217444.jpgSouvent tu essayais de me préparer à ta mort mais je refusais cette éventualité car pour moi la vie sans toi n'avait plus la même saveur. A l'aube de ta vie, tu m'avais prise dans tes bras, pour me dire :"laisse moi partir, je ne peux plus t'aider sur cette terre, j'ai rempli ma vie, je serai toujours dans ton cœur. Et à chaque fois, que ton âme sera en pleurs pense à moi je serai là pour apaiser ta douleur". Deux jours, plus tard tu avais pris le départ pour ce grand voyage qui devait te réunir à l'homme de ta vie. Mon plus grand regret, c'était de ne pas avoir été là pour te tenir la main et te fermer les yeux, prise dans le tourbillon de la vie, je t'ai laissée partir seule.

222732.jpgAprès ton décès, j'ai pris conscience combien il était essentiel de ne jamais oublier de dire "je t'aime". Car quand les êtres chers ont quitté cette terre, il est trop tard pour y penser.

Aujourd'hui, quand le moral flanche, je prends ton tablier que je n'ai jamais lavé, il a gardé ton odeur. Je le hume pour me sentir prés de toi et reprendre des forces.

Oh mémé, de là où tu es, je veux te dire je t'aime et merci pour ce que tu m'as apporté.........
Anne 2007

Photos de Kirikou zyeuter.com

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Publié dans Mes Souvenirs

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S
Je n'ai pas vraiment connu mes grands-parents... Rétrospectivement, cela me laisse un vide... parce qu'au fil du temps, par des bribes de discussions familiales, j'ai appris tant de chose incroyable à leurs sujets... surtout à propos de mes deux grands-mères... des femmes très spéciales pour leur époques et à qui je n'ai jamais pu dire mon admiration... dommage...
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