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Sensuality
| Mai 2012 | ||||||||||
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Souvenir quand tu me tiens… Je ne sais pas pourquoi à certaines
périodes de sa vie on a besoin de se remémorer les bons moments de sa vie et surtout de revenir se replonger dans son enfance. Suis-je en train de vieillir ? …
Quand je suis née, il y a fort
longtemps de ça. Ma mère enseignante de son état avait une classe de fin d’études et n’ayant pas les moyens de me faire garder, c’est au fond de sa classe qu’elle installa mon berceau. De ces
temps, je n’ai pas de souvenirs, mais ma mère me raconta que les récréations étaient pour ses élèves un moment privilégié pour jouer à la maman avec un poupon en chair et en os. Toutes ces
petites mamans en herbe tournant autour de mon berceau, déjà toutes ces femmes qui me tournaient autour ! À cette époque je devais avoir bien plus de succès que maintenant et qui sait mon
orientation sexuelle vient-elle de là ?
À seize mois, il devint impossible
de me garder en classe, je parlais comme une petite bonne femme et je ne tenais plus en place. Alors, ma mère décida de me mettre à l’école maternelle. Je pense que je devais être à ce moment-là,
la plus jeune enfant scolarisée. De ces années de maternelle, je garde un excellent souvenir. Par contre, les maîtresses doivent encore se souvenir de moi. Eh oui ! Je n’arrêtais pas de
papoter et curieuse de tout, je mobilisais sans cesse l’attention de l’adulte. Les plus mauvais moments : la sieste, je réveillais toujours mes petits camarades, car je voulais jouer et pas
perdre mon temps à dormir bêtement. En grande section, le travail proposé ne m’intéressait plus je préférais jouer à la maîtresse et lire des histoires à mes petits congénères. Au début, la
maîtresse pensait fort judicieusement que j’avais une imagination débordante jusqu’au jour où elle s’aperçut que je lisais vraiment. Comment avais je appris ? Cela reste encore un grand mystère.
Mais à la maison, en voyant ma mère et en étant entourée de livres cela a sans doute éveillé ma curiosité et mon goût de la lecture. Alors vite il fallait me passer au CP avec un an d'avance, car
je perdais mon temps soi-disant.
Par contre, c’est en maternelle
que je connus ma première grande déception. En fin d’année scolaire, on préparait la fête de l’école, et cette année-là devant tout le village réuni, les petits bouts de la maternelle donnaient
une représentation de Blanche Neige et les sept nains. Je rêvais de jouer le rôle de Blanche Neige, mais on me colla le rôle de la vilaine reine, car elle avait bien plus de dialogue, j’étais
victime de ma langue bien pendue et de ma hardiesse. Cette année-là, j’appris une chose essentielle : on ne fait pas toujours ce que l’on veut dans la vie…
Anne
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